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québec en 1900

Vous savez tous, Messieurs, qu’il est impossible que les bateaux à vapeur se rendent à Chicoutimi, si la mer est basse ou simplement à moitié haute. Cela les expose à des retards extrêmement contrariants pour tout le monde. Entre la baie des Ha ! Ha !, autrement dite Grande Baie, où l’eau est très profonde en tout temps, et Chicoutimi, il y a une distance d’environ quinze milles ; là-dessus, il y a environ deux milles impossibles à franchir, quand la rivière n’a pas au moins trois heures de montant. Il s’agit de rendre ce passage praticable, quel que soit l’état de la marée, et, pour cela, le gouvernement fédéral est respectueusement prié de faire creuser un chenal de 250 à 300 pieds de largeur environ, qui permette aux vapeurs de la Compagnie et aux navires d’outre mer, d’un tonnage moyen, de prendre une cargaison de bois à Chicoutimi à toute heure, sans interrompre leur course.

En même temps que le gouvernement fédéral accomplira cette œuvre éminemment utile, nécessaire et fructueuse, il découvrira peut-être là le moyen de retenir bon nombre de gens du Saguenay qui, trouvant un travail rémunérateur à faire dans leur propre pays, n’auront aucune velléité d’en partir pour aller grossir le nombre des ouvriers de fabriques américaines, source d’ambition absolument ruineuse pour nous.


Pendant que nous sommes à parler du creusement d’un chenal aux approches de Chicoutimi, pourquoi ne dirions-nous pas un mot opportun, en passant, au sujet de ce fameux chenal que, depuis des années et des années, on creuse avec un acharnement que rien ne ralentit, avec un aveuglement