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québec en 1900

et vous sentirez une fascination qui vous retiendra bien au delà de l’heure où vous croyiez partir sans effort ; vous serez hypnotisés sur place, et cette fascination vous accompagnera longtemps encore et vous ramènera le lendemain au même endroit, et vous y ramènera toujours, tant que vous vivrez sur ce roc étrange, que semble envelopper un fluide mystérieux et invisible.

C’est cette fascination qui ramène ici les étrangers qui y sont déjà venus ; quiconque a vécu à Québec veut y mourir. C’est cette fascination qui retient, comme cloués sur place, bon nombre de ceux que le manque de foi en l’avenir aurait depuis longtemps exilés loin de nous, et c’est elle qui va nous ramener, avec les jours brillants qui s’annoncent, ce flot de jeunes gens qui ne trouvaient pas un champ suffisant pour leur activité, ni des ressources qui leur permissent d’engager le combat de la vie.

Mais, Messieurs, rien que d’évoquer ces impressions, je me sens hypnotisé moi-même, j’oublie que j’ai un vaste sujet à traiter, que les heures sont courtes, que votre indulgence a des bornes, et qu’il me faut me mettre en route sans retard, si je veux arriver au terme de ma course aventureuse.

Aussi, vais-je passer immédiatement, sans aucune espèce de transition, à l’examen des considérations, des faits, des symptômes et des indices révélateurs de l’avenir qui font le sujet de la présente conférence, œuvre à laquelle j’ai travaillé consciencieusement et que je vous offre sans crainte, parce que je compte autant sur votre patriotisme que sur votre indulgence.