Page:Buies - Récits de voyages, 1890.djvu/102

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
104
récits de voyages

milles. Cependant, malgré cette profondeur de neuf cents pieds, le lac ne s’élève pas à plus de six cents pieds au-dessus du niveau de la mer, c. à d. que le fond du lac est à trois cents pieds plus bas que ce même niveau. Certains phénomènes ressemblant à la marée ont fait croire à l’existence de communications souterraines avec l’océan ; mais cela est peu probable, car il serait difficile, pour ne pas dire impossible, que le mouvement pût se communiquer de la mer au lac contre l’énorme pression constante de trois cents pieds. D’ailleurs, le courant terrible qui se serait établi sous cette force eût frayé un passage suffisant pour abaisser le niveau du lac. D’une extrémité à l’autre, de la rivière Sainte-Marie à Duluth, le Supérieur mesure quatre cent vingt milles. Des rochers sauvages, des monts ferrugineux, des murs de granit encaissent ses flots parfois impatients comme ceux de la mer ; quatre-vingts torrents ou rivières se mêlent à sa froide eau de cristal, mais ne l’empêchent pas de diminuer insensiblement ; il paraît en effet avoir baissé de trente à quarante pieds ; c’est que l’apport de tant d’affluents suffit à peine à remplacer ce que le soleil ardent de juillet et d’août aspire de vapeurs sur cette immense sur-