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sur les grands lacs

manifesta bientôt des velléités de luxe et les vénérables log-houses firent place à des maisons en bois équarri. Les citoyens de l’endroit ressentaient déjà cette fièvre de progrès et cette ambition capable de tout entreprendre sans rien calculer, qui est commune à tous les fondateurs des cités de l’Ouest. En 1875, le gouvernement fédéral faisait commencer la construction du Pacifique canadien, de la baie du Tonnerre à Winnipeg. L’enthousiasme des Port Arthuriens était à son comble ; mais ils durent en rabattre quand ils virent, pendant les années subséquentes, avec quelle lenteur les travaux étaient poussés, grâce en grande partie à des difficultés de terrain presque insurmontables. Bientôt il devint manifeste que le gouvernement ne pouvait plus diriger ni contrôler, d’une manière efficace, une aussi gigantesque entreprise. Aussi fût-ce avec une explosion de contentement et de joie véritable que l’on vit le gouvernement en confier l’exécution au Syndicat, durant l’année 1881, et lui en abandonner la direction absolue. L’année suivante, au 1er septembre, l’œuvre était accomplie après des prodiges de travail et d’activité, et, dès le printemps de 1883, les entrepreneurs remettaient aux mains du Syndicat la