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à travers les laurentides

un seul grain de blé. Dans l’une seulement des nombreuses échancrures de la rivière Saguenay, à la baie des Ha ! Ha ! s’était établie une colonie, qui se développait péniblement dans la misère et les privations de toute nature ; aujourd’hui chacune des baies du Saguenay contient des établissements et le bassin du lac Saint-Jean, ce futur grenier de la province, la plus fertile de toutes nos régions agricoles, renferme plus de vingt-cinq mille habitants qui n’attendaient que l’ouverture de la voie ferrée pour inonder la capitale de leurs produits, et pour prendre cet essor merveilleux que la nature de leur pays, que son sol et son admirable situation géographique lui permettent de prévoir et de calculer à coup sûr.

De la rive méridionale du grand Lac, de cette petite mer intérieure, qui, jadis, couvrait un espace trois à quatre fois plus grand qu’aujourd’hui, les établissements s’échelonnent petit à petit le long de la rivière Ouiatchouane, jusqu’au lac des Commissaires, trente milles plus au sud. Il ne reste plus maintenant qu’un espace désert entre ce dernier lac et la rivière Batiscan, à 87 milles de nos murs, et encore ce désert est-il interrompu ça et là par des groupes