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récits de voyages

tenir en état ; et quand on parla pour la première fois de construire un chemin de fer à travers un pays comme celui-là, un pays où les caribous, ses hôtes mêmes, ses familiers, avaient de la misère à courir, où les orignaux, les trois quarts du temps empêtrés dans la neige, ne pouvaient pas faire cent pas sans perdre haleine, où les pêcheurs à la truite, pourtant les plus hardis des hommes, n’osaient pas s’aventurer à une distance moins que respectueuse du dernier village connu, jugez un peu de la stupéfaction et de l’incrédulité qui accueillirent l’énonciation de ce projet ! Et comme nos excellents semblables, je parle surtout de nous, Canadiens, sont toujours prêts à supposer à leurs semblables toute espèce de motifs, excepté les bons, à tout ce qu’ils essaient d’entreprendre, on supposa qu’il n’y avait là qu’une spéculation de capitalistes voulant exploiter aux dépens du public les bois qui s’étendaient au delà des paroisses habitées, et toute assistance, tout concours fut immédiatement refusé aux initiateurs de la ligne.