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à travers les laurentides

cieux quadrupède qui nous donne des vêtements inusables, qui est le modèle vivant de l’industrie et de la sagacité, qui apprendrait aux hommes à faire des barrages et des écluses, si l’homme n’était pas un être si parfait et d’une science si consommée sans rien apprendre de l’animal, enfin précieux par dessus tous pour les trappeurs indiens, dans leurs longues courses d’hiver à travers les forêts, lorsqu’ils sont menacés de mourir d’inanition ; et, pour revenir à ce que je disais tout à l’heure de l’espace compris entre Saint-Raymnond et le lac Saint-Jean, une contrée, en un mot, d’une physionomie si farouche, (croyait-on) et d’une charpente si osseuse, si rocailleuse et si montagneuse qu’elle excluait toute idée, non seulement de colonisation, mais même de campement tant soit peu prolongé ! On savait bien qu’il y avait quelques postes, échelonnés le long d’un chemin imaginaire conduisant jusqu’au lac Saint-Jean ; mais on ne croyait pas à ce chemin, qui avait donné lieu à toute sorte d’histoires fabuleuses, ni aux postes, que l’on regardait comme des essais de leurre public.

Du reste, on avait raison ; ce prétendu chemin était absolument impraticable, faute d’habitations sur son parcours et par suite d’hommes pour le