Page:Buies - Récits de voyages, 1890.djvu/158

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
162
récits de voyages

Quand St. Onge arriva dans la région de la rivière à Pierre, il y a bientôt trois ans, il n’y avait absolument qu’une seule hutte dans tout le pays, et cette hutte était la propriété d’un nommé Perrault, qui pensionnait chez lui trente à quarante travailleurs des chantiers de bois, probablement empilés les uns sur les autres comme les troncs d’arbres eux-mêmes. Dans ce temps-là l’existence future du chemin de fer du lac Saint-Jean était un problème extrêmement incertain ; personne n’y croyait, tandis qu’à peu près tout le monde n’y voyait qu’une entreprise de spéculateurs pour exploiter le bois de sciage et de chauffage, qui s’y trouvait en abondance. Il n’y avait de fait que le tracé de la ligne ; les chevaux n’allaient pas plus loin qu’à la rivière Noire, six milles en deçà de la rivière à Pierre, et les bœufs, faute de chemin pour se diriger, se perdaient dans les bois. Le log-house de Perrault n’avait pas même de plancher ; il avait été dressé sur la terre brute et couvert grossièrement de larges feuilles d’écorce. C’est dans cette hutte, déjà habitée, comme je viens de le dire, par 30 à 40 hommes de chantier, que monsieur et madame St. Onge s’étaient rendus à pied, de la Rivière à travers bois, et qu’ils ont passé tout l’hiver de 1884. Quand le matin,