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récits de voyage

daient alors, c’est-à-dire à la fin du dix-septième siècle, depuis le palais de l’Intendant, dont on voit encore les ruines (ce palais a été détruit par les troupes du général Arnold, lors du dernier siège de Québec), jusqu’au cap Diamand, embrassant toute la haute-ville, et depuis le Palais, en suivant le promontoire, sous forme de palissade, jusqu’à la Grande Batterie, que surmontaient trois canons.

De nos jours il y a là vingt canons de plus, accroupis sur leurs affûts, à quinze ou vingt pieds l’un de l’autre, le museau allongé sur le parapet qui borde le sault au Matelot, prêts à vomir le feu, semblables à de grandes bêtes fauves qui vont s’élancer sur leur proie. Cependant, malgré leur aspect terrible, les boulets de ces canons-là, qui sont de 32 livres, feraient à peu près autant d’effet sur un cuirassé moderne qu’un pois chiche sur un genou d’éléphant. Ces vingt-trois foudres de guerre n’attendent qu’un signal pour aller s’ajouter aux tuyaux de la Compagnie du Gaz.

À la place des portes, il y avait d’énormes blocs et des boucauts remplis de terre, surmontés de petites pièces d’ordonnance ; le canon protégeait tout le pourtour de la haute-