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sur les grands lacs

quels se baigne l’odorat. À côté du grand salon, au rez-de-chaussée, se trouve une salle, uniquement consacrée à la danse, où les couples s’enlacent, une fois les conversations épuisées, et tournent en cadence au son du violon, de la harpe, de la flûte ou du fidèle piano, cet indispensable complice de tous les ébats chorégraphiques. Joignez à cela les brises suaves et les senteurs pénétrantes qui, durant les beaux temps, arrivent du lac par bouffées, et vous aurez une idée du charme qu’on éprouve à passer quelques jours à l’hôtel Arlington, à se promener dans les rues inondées d’ombrage de Cobourg.

Je restai peu de temps à Cobourg et à Port Hope, ville voisine, qui n’est qu’à six milles de distance, merveille de pittoresque que je n’oserai pas décrire, puis je repris le bateau pour Toronto, la ville-empire du haut Canada, la première des villes, selon les Ontariens, l’unique, l’étonnante Toronto, le foyer de toutes les lumières, le phare de la province, le centre des lettrés et des arts, enfin le pivot sur lequel devrait tourner tout le Dominion et peut-être