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sur les grands lacs

mement pittoresque ; mais, si l’on en excepte les éclaircies nombreuses et plus ou moins vastes, pratiquées les unes par le colon, les autres par le feu, ce qui abonde dans cette région fertile, rapidement convertie en larges champs de moissons, en villages et en petites villes, c’est la forêt, dont la vigueur redouble sous les fléaux et la fait triompher sur tous les points des efforts de l’élément destructeur.


Sur le parcours du chemin de fer, on passe fréquemment des cités naissantes, très jolies, très coquettes dans leur gracieux entourage de collines boisées et d’ondulations couvertes de verdure et lisérées de bois touffus. Ailleurs, ce sont des groupes d’arbres épars, surpris par le défricheur et épargnés par lui, mais qu’il a emprisonnés dans une vaste ceinture de champs inondés d’épis. Partout, partout des arbres, des collines sans relief, s’inclinant doucement vers le lac Simcoe, que le chemin de fer longe pendant près de deux heures, ou vers la baie Géorgienne où elles vont plonger et s’engloutir sans effort.