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sur les grands lacs


III


Il y a une cinquantaine d’années, la population d’Ontario, qui compte aujourd’hui plus de deux millions, renfermait à peine trois cent vingt-cinq mille âmes. Il y avait alors 1,900,000 acres de terre occupée, contre 23,320,000 aujourd’hui. La population agricole était groupée presque tout entière sur les rivages des lacs Érié et Ontario, et toute la contrée tributaire du lac Huron, non seulemeht était déserte, mais n’avait même jamais été explorée. On comptait une tête d’habitant par chaque trente-deux acres de terre occupée ; aujourd’hui l’on en compte une par chaque dix acres.

La terre n’était pas offerte gratuitement aux colons. On avait bien, il est vrai, essayé le système des octrois gratuits, dans les commencements de la colonie ; mais il en était résulté que bon nombre de gens avaient pris des lots sans posséder les ressources suffisantes pour les faire fructifier. Dans la plupart des cas ils ne comprenaient pas l’agriculture coloniale, et n’avaient aucun moyen de subsistance, dans les