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sur les grands lacs

à Québec prenait parfois jusqu’à deux mois et demi. C’est pourquoi tout émigrant, qui payait seulement trois louis pour son passage, sans la nourriture, était tenu d’apporter avec lui au moins soixante-dix jours de rations. Le transport de Québec à Toronto, par le Saint-Laurent, l’Outaouais, le canal Rideau et Kingston, s’élevait à un louis, onze shillings, six deniers, et le voyage durait de dix à douze jours. — Si le voyageur était un extravagant et voulait se rendre tout droit de Montréal à Kingston, par terre, cette énormité lui coûtait jusqu’à six livres sterling !… Mais nous ne voulons pas nous laisser entraîner trop loin dans ce coup d’œil rétrospectif ; rien n’est plus séduisant ni plus rempli d’embûches qu’un retour vers le passé, qui offre à l’imagination les mirages et les illusions où elle aime à se bercer. Il nous faut fuir cet écueil charmant et nous empresser de reprendre le cours de notre récit, déjà plus que de raison interrompu.