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sur les grands lacs

milles et nous arrêtions aux mines de Bruce, (Bruce Mines) où il y avait encore un village en 1883 et une cinquantaine de travailleurs, reste d’une nombreuse armée.

Bruce Mines tire son nom d’une mine de cuivre sulfuré dont l’exploitation a été entreprise, il y a un certain nombre d’années déjà. Cette mine attira dans les commencements des centaines d’hommes, mais elle est aujourd’hui à peu près déserte, après avoir coûté plus d’un quart de million de dollars, comme cela est arrivé à d’autres mines situées au nord des lacs Huron et Supérieur.

Bruce Mines participe de la nature réfractaire et intransigeante de toute cette région. Quelques rochers, d’un aspect triste et froid, perçant le sol à travers une végétation chétive, une vingtaine de maisons, mornes comme tout ce qui les entoure, groupées à l’extrémité du long appontement en bois qui sert de quai, des débris de gangues minérales jetées çà et là de chaque côté du chemin, une vieille chapelle presbytérienne, un hôtel d’une apparence ennuyée où se réunissent le soir les mineurs qui constituent, avec ou sans leurs familles, l’unique population de l’endroit, voilà ce que c’est que