Page:Bulletin de la fédération des sociétés d'horticulture de Belgique, 1860.djvu/138

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Notice sur la Commission royale de Pomologie.

Dans les siècles antérieurs au nôtre, on cultivait un nombre très-restreint de variétés fruitières, généralement bien connues et donnant lieu assez rarement à des erreurs synonymiques. Il n’en est plus ainsi de nos jours ; a partir de 1760, une impulsion décisive fut imprimée à l’amélioration des arbres fruitiers au moyen des semis : après les horticulteurs du Hainaut, Van Mens, en formulant son système, en poursuivit l’application sur une large échelle ; il fut suivi dans cette voie, non-seulement en Belgique, mais surtout aux États-Unis, en Angleterre, en France et en Allemagne.

Ces divers travaux ont eu pour résultat inévitable d’accroître dans une énorme proportion le nombre des fruits cultivés, car, grâce à la facilité des communications, les nouveautés d’un pays pénètrent rapidement dans les autres contrées. Il en est encore résulté beaucoup de confusion dans la nomenclature ; en effet, des erreurs s’y glissent facilement, et sont propagées par l’intérêt des uns, et l’ignorance du plus grand nombre ; d’un autre côté, l’amour-propre de beaucoup de semeurs ou obtenteurs de fruits nouveaux les engage à mettre dans le commerce des variétés d’une valeur très-contestable, ou même tout à fait nulle.

Les inconvénients de cet état de choses sont très-sérieux pour le public, qui ne s’occupe guère de pomologie ; la plupart des personnes désireuses de planter leurs propriétés, doivent le plus souvent consulter des catalogues incomplets ou erronés, et l’on sait qu’une plantation mal combinée est a la fois une perte de temps et d’argent.

Vers l’année 1834, une première tentative eut lieu en Belgique pour remédier à cet état de choses, et introduire de l’ordre dans les nomenclatures fruitières. M. Laurent de Bavay venait de créer les pépinières Royales de Vilvorde : homme de sens et d’esprit, il ne tarda guère à reconnaître les écueils inévitables qu’il rencontrerait dans son entreprise, et la nécessité de réformer les catalogues sur un nouveau plan synonymique. Aide d’un petit nombre de collaborateurs avec lesquels il entretint une correspondance des plus actives, il améliore sans cesse ses catalogues, qui sont devenus depuis un modèle suivi généralement, tant en Belgique qu’à l’étranger.

Sans aucun doute, ces catalogues ont préparé les voies à une rénovation de la pomologie, mais ce moyen ne pouvait suffire. Au mois de septembre 1847, M. Royer, de Namur, l’un des plus actifs correspondants de M. Laurent de Bavay, se trouvait à Paris. Ses relations avec des professeurs du Muséum, lui permirent de visiter avec le plus grand détail les collections d’arbres fruitiers, du jardin des plantes et du Luxembourg :