Page:Bulletin de la société géologique de France - 1re série - 3 - 1832-1833.djvu/148

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d’Oeningen, lieu où l’on a cité à tort plusieurs poissons de mer, tels que deux Clupea et un Petromizon. Dans la collection de Lavater on avait placé comme venant d’Oeningen, sous le nom de deux Trigla, des plaquettes de Solenhofen, offrant l’Ichtyolithus laciiformis de Germar. Enfin, il a découvert que les truites d’Oeningen de la même collection et de celle du prince de Meersburg, n’étaient que des morceaux du schiste d’Oeningen, dans lesquels on avait fait des creux de la forme des truites, et rempli ces cavités de débris d’Esax et de Leuciscus.

Un résultat important de l’examen des poissons d’Oeningen, c’est qu’il n’y a aucune espèce identique avec les espèces vivantes, et qu’il y a un genre de poisson dont les espèces ne s’avancent plus dans des latitudes si élevées, et se trouvent en Italie et en Arabie. M. Agassiz ajoute en note que le poisson du schiste de Menat est très voisin du genre Cottus.

Pour les poissons du lias, ils s’éloignent tout-à-fait des espèces actuelles ; ainsi le Tetragonolepis semicinctus appartient à une division n’a plus qu’un seul représentant dans le monde actuel, savoir : le Lepidostens osseus. À la même famille appartiennent les genres Dapadium, Leach ; Osteolepis, V. ; Palaeothrissum, Blainv. ; Dipterus, Cuv. ; les dents de Pycnodonte, du comte Munster. Tous ces poissons ont des écailles carrées ; M. Agassiz en connaît déjà trente genres et un grand nombre d’espèces, et il en forme une nouvelle grande division des Goniolepidoti, comprenant les trois familles des Lépidostées, Sauroïdées et Pycnodontes, qui sont à placer au même rang que les Chondroptérygiens, Acanthoptérygiens et Malacoptérygiens, divisions dans lesquelles il fait plusieurs transpositions de genres.

Ces changemens admis, M. Agassiz trouve des formes d’écaillés particulières pour chaque division ; ainsi les Chondroptérygiens ont la peau chagrinée des requins ; les Acanthoptérygiens, des écailles dentelées en crête, et les Malacoptérygiens, les écailles plus simples des Cyprins.

Dans la classification des poissons osseux, son système d’arrangement ne le force à aucune séparation artificielle, comme lorsqu’on suit le système de Linné ou de Cuvier ; de plus, sa division rend la détermination des poissons possible même, lorsqu’il n’en reste que quelques os, des dents ou des écailles. Enfin, elle est confirmée par l’apparition successive des divers groupes de poissons dans les couches de la terre.

Ainsi les Goniolépidotes paraissent dans le terrain houiller,