Page:Burnouf - Introduction à l’histoire du bouddhisme indien.djvu/547

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spécialement trait à la morale ou à la philosophie, et qui à ce titre eussent dû plutôt prendre place parmi les Sûtras. Ce que je puis toujours conclure de ce rapprochement, c’est que je n’ai pas eu tort, en analysant la classe des Sûtras et celle du Vinaya, de dire que les limites n’en étaient pas très-rigoureusement marquées ; et ce fait s’ajoute à ceux que j’ai allégués dans ma description de la collection du Népâl, pour prouver que des légendes que les Tibétains placent dans le Vinaya prenaient place, chez les Népâlais, dans la catégorie des Sûtras.

Outre les anciens noms d’auteurs auxquels j’ai fait allusion plus haut, le commentaire de l’Abhidharma kôça en cite d’autres, les uns anciens aussi, les autres vraisemblablement plus modernes. Je remarque, entre autres, le Sthavira Açvadjit, qui figure d’ordinaire dans les énumérations des Auditeurs de Çâkya qui ouvrent généralement les Sûtras du Népâl[1] ; je suppose que ce sage est le contemporain de Çâkya. Je remarque encore le Sthavira Dharma trâta[2] et le Sthavira Buddha dêva[3]. On retrouve plus fréquemment les noms des Âtchâryas ou maîtres, Gunamali et Vasumitra son disciple[4], lesquels ont commenté l’Abhidharma kôça qu’il explique lui-même, ceux de l’Âtchârya Sam̃gha bhadra[5], de Bhadanta Çrîlâbha[6], probablement le même que l’Ârya Çrîlâbha[7], de Bhadanta Rama[8], de Rama[9], de Bhadanta Dharma trâta[10], de l’Ârya Dharma gupta[11], qui n’est peut-être que le précédent, de l’Âtchârya Manôratha[12], de Bhadanta Gôchaka[13]. Trouvant dans le texte de son auteur le nom de Bhadanta, qui signifie en général un Buddhiste, mais qui désigne en particulier un maître respectable[14], il se livre, pour déterminer quel est ce Bhadanta, à une discussion que je crois utile de traduire, pour faire connaître, par un court exemple, la manière de commenter de notre auteur.

  1. Abhidharma kôça vyâkhyâ, f. 107 b.
  2. Ibid., f. 32 a.
  3. Ibid., f. 475 b de mon manuscrit.
  4. Ibid., f. 5 a, 93 b, 119 a, 147 b, 153 a, 193 b, 338 b.
  5. Ibid., f. 22 a, 30 b, 99 b, 154 a, 163 b, 164 b, 190 a, 318 b, 345 a, 351 a, 352 b, 391 b, 448 b, 462 a.
  6. Ibid., f. 44 b et 88 b.
  7. Ibid..
  8. Ibid., f. 327 b, 328 a, 409 b.
  9. Ibid., f. 209 b, 210 a, 213 b, 216 a, 218 b, 221 a, 222 b.
  10. Ibid., f. 219 b.
  11. Ibid., f. 375 b.
  12. Ibid., f. 209 a.
  13. Ibid., f. 119 a.
  14. C’est, pour le dire en passant, de ce titre, qui est presque spécial au sanscrit buddhique, que dérive le titre pâli de bhanta qu’on adresse d’ordinaire aux Religieux.