Page:Busoni - Chefs-d’œuvre poétiques des dames françaises, 1841.djvu/268

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Eût, sans balancer plus long-tems,
Envisagé d’autres talents
Que ceux d’une chétive amie ;
Mais vous n’avez que de petits besoins ,
Et le seul odorat est chez vous en souffrance.
Vous imagineriez-vous que mes yeux souffrent moins
Éloignés de votre présence ?
Je ne puis cependant vous voir en pénitence.
Je vais vous soulager. Pour toute récompense
De mon tabac et de mes soins,
J’exigerai de vous, trop aimable Corinne,
Que votre belle main quelquefois se destine
À me marquer de tendres sentiments,
Tous vos plaisirs, tous vos amusements
Dussai-je y voir dépeints Satan et sa malice :
Car dans l’oisiveté des champs
Il faut permettre un peu de vice


réponse de madame de simiane.


Donner de bon tabac, et faire encore entendre
Les doux accents de votre voix,
N’est-ce pas là vouloir surprendre
Deux de mes sens tout à la fois ?
Et quand je me souviens combien votre présence
A souvent enchanté mes yeux,
Je vois que de cinq sens je n’en ai plus que deux
Qui soient hors de votre puissance.
Je les emporte donc aux champs,
Sans en vouloir faire d’usage ;
Car j’ai résolu d’être sage.