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Il est de pratique courante que les palpitations et les syncopes se produisent souvent chez les jeunes filles et les femmes trop serrées dans leur corset. A l'époque de Louis XV où cette striction était de règle, ces syncopes ou vapeurs étaient d'une extraordinaire fréquence. De nos jours, à la fin des dîners de cérémonie, dans les soirées, dans les théâtres, là où la gêne produite par le manque d'aération vient s'ajouter à celle du corset un peu plus serré encore que d'habitude, la syncope est également fréquente, c'est le malaise qu'ont le plus souvent à soigner les médecins de théâtre. Le simple délacement du corset fait tout rentrer dans l'ordre.

Il existe même plusieurs observations de mort subite pour cause de corset trop serré, notamment le cas rapporté par Ambroise Paré qui attribua à la compression du corset la mort d'une jeune mariée pendant la cérémonie nuptiale. Dans la Gazette des Hôpitaux, 1872, Reveille-Parise a noté l'observation d'une dame obèse qui mourut d'apoplexie pendant qu'on lui laçait son corset outre mesure.

A propos de l'action du corset sur le poumon, nous avons vu que le corset, en rétrécissant le champ de l'hématose, produit la désoxygénation du sang. Le corset par sa contriction exagérée, produit donc ce double effet : troubles de la circulation et sang de mauvaise qualité. Ainsi se trouvent réalisées d'excellentes conditions pour la production des maladies de l'appareil circulatoire et notamment de la chloro-anémie.