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Papineau

de paix et de concorde pour les sociétés modernes, vous vouliez pour tous, partout et toujours, la plus entière tolérance religieuse, la compétence de tous les citoyens à tous les emplois, dont ils se rendraient dignes, sans exclusion, ni préférence, à raison des accidents de la naissance ou de la fortune ; que l’intégrité et les connaissances spéciales étaient des conditions indispensables à l’utile exécution des devoirs attachés aux charges publiques, que les prévaricateurs devaient être impartialement accusés, librement défendus et traités suivant leurs fautes devant les tribunaux indépendants ; que beaucoup de ces bonnes choses nous manquaient encore, mais que vous étiez de ceux qui travaillaient à les conquérir. Vous avez été compris et comme premier résultat de vos labeurs, de magnifiques dépôts de savoir encyclopédique vous furent confiés, comme à des hommes bien préparés à les étudier avec profit et prêts à les communiquer avec empressement pour que les fruits salutaires et savoureux, qu’ils ne manquent jamais de donner à qui les recherche avec assiduité, devinssent de plus en plus abondants.

« Quand une scission malheureuse détacha de notre corps plusieurs citoyens, parfaitement recommandables, en dehors de cette erreur, ils furent poussés à le faire sous des circonstances que les études de ma retraite ne m’ont pas montrées avoir été justifiables. L’esprit de tolérance et de conciliation aurait-il permis l’injustice dont vous fûtes l’objet ? La politique ne fut pas changée de ce petit coup d’État. Vous formiez une phalange honnête, forte, démasquant et flétrissant les corrupteurs qui commençaient à s’introduire dans les élections, à s’installer dans le parlement. Vous faisiez l’éloge d’un passé récent où le mal n’existait pas, où ceux qui avaient défendu les intérêts canadiens l’avaient fait, non sans sacrifices, non sans dangers, non sans souffrances, mais au moins sans peur et sans convoitises. Tout pour le peuple, rien pour nous-mêmes. »

En opposition à l’Institut canadien furent fondés : le Cercle littéraire et l’Union catholique. En 1867, par suite de différends entre l’Institut et le clergé, le nombre de ses membres s’abaissa à deux cents. La situation financière se trouvait