Page:Côté - Papineau, son influence sur la pensée canadienne, 1924.djvu/144

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L’Institut Canadien

« Pourquoi ces éternelles distinctions entre catholiques et protestants, dans l’ordre purement social ? Les sectes dissidentes ne possèdent-elles pas autant d’honnêtes gens que nous ?… Or, si nous contribuons tous au bien général, cessons donc de nous considérer comme ennemis, respectons mutuellement nos convictions, respectons les personnes, si nous ne sympathisons pas avec leurs doctrines… Et, pourquoi donc faire de l’intolérance aujourd’hui, dans la seconde moitié du dix-neuvième siècle, du siècle qui a forcé tous les fanatismes à reconnaître, dans l’ordre des faits, au moins, l’indépendance de la pensée humaine ; du siècle qui a fait disparaître les castes et consacre peu à peu en faveur du peuple le grand dogme de l’égalité politique et civile, du siècle qui a irrévocablement substitué le principe de la persuasion à celui de la contrainte, le siècle conséquemment qui a substitué l’esprit de fraternité à celui de rivalité hostile ; du siècle qui a plus fait pour consacrer les libertés publiques que tous ceux qui l’ont précédé réunis, du siècle dans lequel toutes les causes justes trouvent des sympathies ; les réactionnaires seuls, aujourd’hui, se montrent les ennemis implacables du droit, de la liberté, et souvent de la conscience humaine, du siècle enfin qui a plus fait pour l’avancement de l’humanité que tous les autres ensemble, puisqu’il a, par la presse et par la vapeur, fait parvenir le livre et le journal jusque dans les coins les plus reculés des pays les plus inconnus. Eh bien ! aujourd’hui l’intolérance est un anachronisme, c’est en plus une violation de tous les principes que l’on nous prêche. Elle n’a jamais produit que du mal, le passé est là pour le prouver. »

Voici ce que Papineau disait de l’Institut canadien, en 1866, dans une lettre adressé à son président :

« En plusieurs circonstances remarquables, vous avez pu faire connaître que vous formiez un corps solidement constitué qui, dans la Nouvelle-France, s’associant aux nobles idées conciliatrices que la grande et noble France fait rayonner et prévaloir sur une large portion du monde civilisé. Vous avez témoigné que comme principe de stricte justice, comme gage