Page:Calloch - A Genoux.djvu/14

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avait été rude et dur pour lui. Il cachait dans un grand corps (il mesurait six pieds anglais de haut) une âme tendre, susceptible et extraordinairement sensible.

Lorsqu’il lui fallut quitter Groix et ses relations, quitter l’Arvor, le pays tant aimé où il avait toujours espéré vivre et mourir, il se faisait l’effet d’être un marin jeté dans une barque fragile, sur une mer pleine d’écueils. Parfois il perdait courage : écoutez-le appeler la mort. « Je ne fais que soupirer après la mort… j’ai envie, j’ai faim de mourir. Oh, être foulé sous six pieds de terre lourde, pourri dans les ténèbres, loin de l’air ! Etre raide mort ! — Rêve bon et doux, rêve aimé, tu me mets dans la joie de mon pauvre cœur et dans mon esprit ».