Page:Calloch - A Genoux.djvu/219

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Mais ce n’est pas pour méditer sur le château ou la forêt que nous sommes ici. Et nous voilà partis.

Quand vous allez sur les chemins de la guerre à la recherche du régiment auquel vous êtes affecté, la première chose que vous trouvez à votre rencontre, c’est les voitures.

À la gare de Pierrefonds, nous jetons nos bagages dans une charrette. Nous allons à pied à Rethondes, la charrette nous précédant. Notre passage est terrifiant : une douzaine de soldats suivant une voiture couverte. Il nous semble que nous conduisons un mort. Et cette pensée nous fait rire.

Et pourtant, c’est peut-être vrai. Peut-être, en vérité, était-ce à un enterrement que je suivais ce matin-là, et que je suivais sans comprendre, le cadavre de mon Passé, le cercueil d’une jeunesse destinée par Dieu à rester dans les bois près de Compiègne pour attendre le jour du Jugement. — Dieu le sait. Que sa sainte volonté soit faite !