Page:Calloch - A Genoux.djvu/235

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Comme le Judica commence, les canons se taisent. La paix immense de la Forêt se mêle à la paix divine de la Messe, dans cette tiède matinée de Septembre. Du haut des cieux, du haut des arbres, la paix descend sur les gens de guerre. Et tout d’un coup, ils ont perdu leur apparence de guerriers : ils n’y a plus ici que des Celtes venus pour parler à leurs saints, des chrétiens agenouillés devant le Visage adoré du Christ.

Quelle langue parleront-ils ? « Ce serait beau, disais-je entre Dieu et moi, de marier en ce dimanche la majesté royale de la vieille forêt et la douceur des chants de mon pays. Ce serait faire justice au peuple assemblé ici que de chanter en breton des prières catholiques… » Je n’ai pas le temps d’y penser plus longtemps, car voici un prêtre-soldat, qui passe à travers la foule, distribuant à chacun un « Livre de Cantiques de Cornouaille ». Il était écrit par Dieu que j’aurais ce matin-là toutes les joies.