Page:Caouette - Le vieux muet ou un Héros de Châteauguay, 1901.djvu/15

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UN SAUVETAGE ÉMOUVANT


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C’était en 18…, par un de ces chauds dimanches de juillet où les citadins, après les offices religieux, aiment à s’éloigner un peu de la ville, afin de respirer un air plus pur, tout en se reposant des fatigues de la semaine.

Les privilégiés de la fortune se payent le luxe d’une promenade en voiture à travers les jolies paroisses qui environnent Québec, ils n’ont que l’embarras du choix, car Beauport, Charlesbourg, Lorette, Cap-Rouge, Sainte-Foye, Sillery, sont des lieux charmants qui invitent au repos et à la rêverie.

Mais les pauvres, dont les jambes sont aussi solides que le cœur est joyeux, se rendent à pied en dehors des barrières, et vont passer le reste de l’après-midi à l’ombre des grands arbres.

Les familles entières descendent à la rivière Saint-Charles. Là, sous les regards des parents, les enfants prennent leurs joyeux ébats.

Plusieurs bambins, jambes nues, courent au bord de l’onde, en dirigeant des bateaux minuscules qui dansent sur l’eau, au bout de leur ficelle, et dont les oscillations causent des émotions à ces marins en herbe.