Page:Caouette - Le vieux muet ou un Héros de Châteauguay, 1901.djvu/22

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gouvernée, danse comme une coquille au gré du vent et des flots !

De la rive, les gens suivent cette scène avec effroi ; les parents des jeunes rameurs crient à fendre l’âme, et, cependant, personne n’ose aller au secours des malheureux !…

Le père Latourelle, plus énervé que jamais, casse sa pipe en maugréant :

« Ah ! les imprudents ! les étourdis ! je leur ai bien dit qu’il leur arriverait malheur… »

Au même moment, et comme si le ciel voulait réaliser ce sombre présage, un coup de vent terrible fait chavirer la chaloupe, et les six jeunes gens sont lancés dans les flots !

Quatre des malheureux réussissent à se cramponner à l’embarcation, mais Bédard et Verret en sont trop éloignés pour pouvoir la saisir.

Bédard, qui est un habile nageur, se maintient à la surface de l’eau, tandis que Verret, ignorant la natation, disparaît pour ne plus reparaître…

Tout à coup, du rivage, retentit cette clameur presque joyeuse :

Le vieux muet ! le vieux muet !

En effet, notre héros, sortant on ne sait d’où, accourt, suivi de son chien.

Avec la souplesse d’un jeune homme, il saute dans un canot, et, après s’être signé, rame dans la direction des naufragés.