Page:Caouette - Le vieux muet ou un Héros de Châteauguay, 1901.djvu/47

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dextérité, et il revenait presque toujours de la chasse la gibecière bien garnie.

À seize ans, il était déjà un homme, car sa taille mesurait cinq pieds et onze pouces ! Il promettait de devenir un colosse comme son père.

Chevelure d’ébène, peau basanée, front large, œil brillant d’intelligence et d’énergie : tel était le portrait de Jean-Charles Lormier.

Tout le monde, excepté son malheureux frère, l’aimait et le respectait.

On l’aimait, parce qu’il était affable et laborieux ; on le respectait, parce qu’il remplissait tous ses devoirs envers Dieu et envers ses parents.

Le curé de Sainte-R… avait observé depuis longtemps chez cet adolescent les plus rares qualités du cœur et de l’esprit. Mais celles qu’il admirait le plus, étaient la piété, la modestie et la charité.

Sa piété, vive et constante, édifiait les grands comme les petits ; sa modestie l’empêchait de voir ses propres mérites ; sa charité s’exerçait envers tous les enfants de son âge, mais elle semblait être plus vigilante envers ceux d’entre eux qui avaient le malheur de s’éloigner des sacrements.

Dans cette poitrine d’enfant battait déjà un cœur d’apôtre !

Le curé Faguy cultivait soigneusement ces