Page:Caouette - Le vieux muet ou un Héros de Châteauguay, 1901.djvu/62

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Les Canadiens ne sont qu’une poignée, mais ils font un tel vacarme, qu’on les croirait deux fois plus nombreux que leurs ennemis !

Durant une heure, la fusillade est terrible de part et d’autre. Puis, elle cesse soudain du côté des Canadiens.

L’ennemi croyant à une retraite, se met à avancer en poussant des cris joyeux !

Court espoir qui détermine une fausse manœuvre…

C’est ce que voulait le colonel de Salaberry. Sur son ordre, une décharge formidable a lieu presque à bout portant et jette la consternation parmi les Américains. Ils tombent sous les coups de nos soldats comme les épis de blé sous la faulx du moissonneur !

Les Canadiens font des prodiges de valeur : Jean-Charles Lormier se distingue entre tous les autres par une bravoure poussée jusqu’à la témérité, car il combat presque toujours à découvert.

Tout à coup, son fusil éclate entre ses mains et lui enlève un doigt ! Il ramasse son arme, la prend par le canon et s’élance sous le feu de l’ennemi !

« Ce gaillard-là est devenu fou ! » pensent les combattants…

Une balle lui transperce l’oreille droite et une autre l’atteint à la joue ! Le sang ruisselle