Page:Caouette - Le vieux muet ou un Héros de Châteauguay, 1901.djvu/82

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UN CLERC NOTAIRE QUI S’AMUSE


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Il y avait déjà plusieurs mois que Victor avait terminé ce qu’il appelait emphatiquement ses études, et il ne paraissait pas songer à son avenir.

Il savait friser ses moustaches, s’habiller et porter la badine comme un gommeux… et c’était tout ! Mais le père Lormier, qui n’était pas riche, commençait à murmurer contre les dépenses de son fils aîné.

Le jour des Rois au soir, profitant d’un moment qu’il était seul avec Victor, il lui demanda ce qu’il se proposait de faire, plus tard, dans le monde.

Cette question parut surprendre le jeune homme, qui baissa la tête sans répondre.

— Voyons, insista son père, réponds-moi : as-tu déjà pensé à ton avenir ?

— Oui… non… oui, j’y pense quelquefois.

— Eh bien ?

— Je voudrais prendre… je voudrais… je voudrais étudier le… la… le notariat.

— Le notariat ? à la bonne heure ! c’est une profession que j’aimerais te voir embrasser. Dès ce soir, je vais écrire à mon vieil ami, le