Page:Carnet de guerre d'Emile Chollet.pdf/19

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au revoir je vous embrasse très très fort.

J’écris très mal, je suis couché sur le côté droit !!!


10-11 février 1917 — Aujourd’hui dimanche : nous sommes au repos, j’ai pu écrire, j’étais trop fatigué pour le faire hier.

Nous sommes à quelques deux ou trois km de Vertecope.

Partis de Yénidji-Vardar hier, après une bonne nuit passée dans la Mosquée. Avant de quitter la ville je suis monté dans le Minaret ; pour arriver à l’escalier en pierre, il m’a fallu faire de la gymnastique avec les poutres, car le départ se trouve à 3 ou 4 mètres de terre, et l’escalier en bois qui conduisait au palier n’existe plus ; l’escalier en colimaçon est très dur, il y a 104 marches pour arriver à la galerie, il est inutile de dire si la montée est fatiguante le point de vue est joli on voit toute la campagne couverte de neige, puis je redescend la soupe est là bien que froide est la même ordinaire et il va y avoir 24 km à faire je crois que beaucoup vont caler en route.

Nous voilà partis, le soleil se montre c’est le dégel, la route est très très mauvaise et le sac bien lourd. Heureusement un camarade qui est aux mulets m’a pris ma grosse musette ! Partout ce ne sont que des marais et à bien des endroits la route est recouverte d’eau, on marche un par un sur des gros pavés pour ne pas avoir les pieds trop mouillés il y a 25 à 30 cm d’eau. Les trois premières poses cela va mais après 16 km je suis bien fatigué. Beaucoup s’arrêtent en