Page:Carnet de guerre n° 3 d'Alexandre Poutrain.pdf/65

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


Nous voyons arriver un prêtre tenant en laisse un Setter Écossais.

C’est le curé des deux Boiry : Ste Rictrude et St Martin.

Je vais saluer Mme François, ses deux filles, sa belle-sœur. J’apprends qu’hier matin François était sur le seuil de sa grand’porte, regardant un avion vers le front. Un allemand fumant la cigarette, vient se placer à côté de lui et regarde également. Survient une balle perdue, le soldat est tué. François est arrêté et emmené.

La pluie ne cesse pas de tomber. Nos vêtements sont percés, nos chaussures trempées : depuis le matin nous pataugeons dans la boue.

À seize heures, les deux voitures se dirigent vers un wagon couvert placé en queue du train. Nous les suivons. Les français embarquent le ravitaillement. Ils nous aménagent un canapé avec les sacs