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LE GOUVERNEUR.

publiques ; il est astreint à faire sa revue deux fois par jour[1]. Ses gages sont de douze livres en 1595[2]; en 1601 ils s’élèvent à dix-huit livres[3].

Dans cette énumération des officiers de la Communauté on a omis de parler du « contrôleur de l’artillerie » et du « grand portier » dont il sera question en même temps que de la milice de la ville.

2o Le gouverneur, son lieutenant et ses connétables.

Au début du XVe siècle le gouvernement de la cité résidait encore tout entier dans la personne du capitaine-gouverneur. C’était lui qui décidait de tout ce qui intéressait le bien public, et il ne consultait les plus considérables habitants de Rennes que s’il le jugeait à propos[4]. Il fut amené dans la suite à réunir l’assemblée municipale d’une façon régulière et se trouva vis-à-vis d’elle dans une situation analogue à celle des ducs lorsqu’ils consultaient les États[5]. Au XVIe siècle le gouverneur avait encore la présidence dans la Maison Commune, mais il en était venu à former un pouvoir presque exclusivement militaire. En droit il se plaçait à côté de la Communauté plutôt qu’il ne s’élevait au-dessus d’elle ; il jouait le rôle d’intermédiaire entre le Roi et la Communauté. Rien ne permet de supposer qu’en temps de paix il ait souvent cherché à reconquérir le pouvoir qu’il avait jadis exercé ; tout démontre qu’en temps de guerre il ne tenait plus aucun compte des privilèges de la ville et des attributions de la Communauté.

Ce qui fit du gouverneur de Rennes un personnage particulièrement puissant et respecté, c’est qu’à sa charge, à partir de 1583, s’ajouta la lieutenance-générale des quatre

  1. Archives de Rennes, 475 A, fo 24 ro (27 mars 1598).
  2. Bibliothèque de Rennes, ms. 320, fo 70.
  3. Archives de Rennes, Comptes des miseurs (1601) : Gages des officiers.
  4. Bibliothèque de Rennes, ms. 320, fo 14.
  5. A. Dupuy, t. II, p. 360.