Page:Castagnary - Exposition du boulevard des Capucines - Journal le Siècle, 1874-04-29.djvu/5

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


si finement traités ; Brandon, que la peinture des mœurs juives accapare ; Gustave Colin, dont les pages pyrénéennes flamboient de lumière et de soleil ; Cals, qui applique à la représentation des types et des scènes populaires son art méditatif et réfléchi. Comme graveur, je ne citerai qu’un nom, mais c’est celui d’un maître, M. Félix Bracquemont, l’aqua-fortiste si connu. Son envoi se compose de plus de trente planches, la plupart de premier ordre et dont quelques-unes sont de précieux documents d’histoire : le portrait d’Auguste Comte, ceux de Théophile Gautier, de Baudelaire, de Meryon, de Charles Kean, etc.

Mais ce n’est ni à propos de ces noms connus, ni à propos de ces œuvres acceptées, que se pose la question d’école dont je parlais en commençant. Pour se rendre compte de ce que sont les nouveaux venus, de ce qu’ils veulent, de ce qu’ils rêvent, de ce qu’ils réalisent ; pour calculer l’écart qui sépare leur mode d’interprétation du mode d’interprétation antérieurement adopté, il faut se placer devant les toiles de MM. Pissarro, Monet, Sisley, Renoir, Degas, Guillaumin, et aussi devant celles de Mlle Berthe Morisot. C’est là l’état-major de la nouvelle école, — si école il y a, ce que nous verrons tout à l’heure.

Ironie ! ce sont quatre jeunes gens et une demoiselle qui, depuis cinq ou six ans, font trembler le jury ! C’est pour barrer le chemin à ces quatre jeunes gens et à cette demoiselle que, depuis cinq ou six ans, le jury accumule les sottises, entasse les abus de pouvoirs, se compromet si bien devant l’opinion, qu’il n’y a plus aujourd’hui un homme en France qui