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80. — Apollon debout de face ; dans le champ, à gauche, une couronne de laurier ; à droite, une lyre. Dessous, de chaque côté, deux autres symboles peu distincts. Il est à remarquer que le dieu est représenté sous la forme d’une momie nue et sans bandelettes. C’est le soleil d’hiver.

Jaspe noir. — H. 0m014. L. 0m012.

81. — Le serpent Chnouphis ou Agathodœmon avec une tête de lion entourée de dix rayons, le cou enflé et se dressant sur sa queue. Derrière est le croissant de la lune, emblème d’Isis, au-dessous duquel est l’étoile Sothis ou Sirijis, qui lui est dédiée. Devant le serpent, une palme emblème de l’Egypte. En exergue, la lettre B, gravée à l’envers, dans une couronne de laurier.

Le P. Dumolinet, Cab. de Sainte-Gen., p. 129, n® 20 ; p. 131, n» 10, 11. — Gorlée, Dact., Il, 413, 420 à 426. — D. Montfaucon, Ant. expi., Il, p. 362, pl. 150, 151, 152. — Matter, Hist. du gnost., atlas, p. 32, pl. II A, fig. 1 à 9.

Les Ophites ou adorateurs du Serpent formaient une secte particulière du gnosticisme. Ils glorifient le Serpent, dit Tertullien (De prœsci’. hær., cap. 47), et ils le préfèrent même au Christ ; car c’est lui qui a donné la science du bien et du mal (Gen., III, 5). C’est le serpent que Moïse a exalté dans le désert (Num., XXI, 9), et dans le désert le Christ l’a imité en disant que c’était ainsi que le Fils de l’Homme devait être exalté (Joan., ni, 14), et c’est le serpent auquel crut Ève, comme au Fils de Dieu. Je ne reproduirai pas la théologie obscure de ces hérétiques qui avaient sept dieux ou sept chefs principaux qu’ils attachaient & chaque sphère, et au-dessus desquels ils plaçaient un chef suprême de toutes choses, né de lui-même, qu’ils appelaient Iadalbaoth, et qui avait donné le jour au serpent. Voici comment saint Épiphane (lib. 1, cap. 34) expose cette génération septénaire. Le 1er s’appelle Iadalbaoth, celui qui en vient est Iaô, et ensuite le grand Sabaoth, le 4® est Adonaï, le 5° Éloê, le 6e Or et le 7» et dernier est Astaph. 11 ajoute ensuite qu’Iadalbaoth enfanta Nous, contourné en forme de serpent, qui engendra tout ce qui est dans le monde. Ces différents noms appartiennent à l’hébreu, au copte et an grec, et M. Matter, Ilist. du gnost., II, 199, a cherché & les expli-