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Page:Cavallucci - Bibliographie critique de Marceline Desbordes-Valmore, tome 2.pdf/122

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METELILL (Harold l’indomptable) C’est Chaperon rouge délicieusement rappelé au milieu des noirs massifs de la forêt de Durham et des rochers tordus par des volcans éteints ; c’est Chaperon rouge, affairé de zèle et d’amitié, prenant le bruit de la chute des feuilles pour l’accompagnement de sa douce chanson haletante, le liseron blanc des fontaines et la branche ployante du saule pour retenir ses longs cheveux qui l’aveuglent en marchant, écoutant le rouge-gorge sous le bouleau, comme un de ses amis qui a des ailes. Souple, onduleuse et mince, comme un fil de la Vierge que l’air balance, plie et déplie au soleil, elle obéit au souffle attrayant qui l’attire, se glisse partout où de l’eau frémissante arrose des joncs ; partout où l’oiseau matinal lui donne, du haut d’un arbre en fleur, sa leçon de musique, partout où une voix plus puissante que mille voix d’oiseaux lui donne sa première leçon d’amour. La, voilà qui s’assied et respire, parce que son cœur bat d’avoir couru ; la voilà toute seule, sans ennui, sans terreur de la solitude, parce qu’elle sait qu’elle vient du ciel et qu’elle y retourne par les bois harmonieux ; les prairies odorantes, ou les monts couverts de neige ; la voilà qui chante, parce que, pour elle, chanter, c’est dire tout haut à Dieu la seule science de sa jeune vie : « J’aime, et le seul nom qui lui apprit à aimer : » William !, , Comment ne monterait-elle pas à Dieu, la voix d’enfant qui lui raconte cette nouvelle : Je suis sa première amitié ! Il est aussi la mienne, intime, unique, entière, Et s’il veut être en tout avec moi de moitié, Mon Dieu ! je serai la dernière ! 11° Dans les cantons de Durham, que son père effraye et ravage, elle seule ignore qu’il est méchant : c’est son père et elle le bénit. Apprivoisée dès