Page:Cazaux - Accidents consécutifs aux opérations.djvu/13

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Chez un animal fort, sanguin, en bonne santé, les inflammations traumatiques s’activent davantage, peuvent devenir générales et déterminer plus facilement une violente fièvre de réaction, des convulsions, le tétanos. Les conditions opposées sont encore la source de complications, mais pour des motifs différents. Un animal lymphatique, faible, débile, épuisé par de longues souffrances, par des fatigues exagérées ou par un défaut d’alimentation, sera loin de présenter une force de réaction suffisante pour produire une suppuration favorable ou la réunion des parties divisées. Alors, la mortification commence et la gangrène peut s’emparer des tissus lésés. D’un autre côté, si la suppuration s’établit, elle ne cesse plus et devient, pendant un temps plus ou moins prolongé, une véritable source de déperditions, qui augmente encore l’épuisement et la maigreur du sujet, entraîne le marasme et la mort. La gourme, la morve ou toute maladie constitutionnelle organique peut transformer des lésions traumatiques en plaies indéfiniment suppurantes, produire des engorgements, des abcès métastatiques très difficiles à combattre. C’est surtout en médecine humaine que l’on en rencontre des exemples fréquents. Des sujets, sous le coup d’une diathèse scrofuleuse, syphilitique, périssent souvent à la suite d’opérations parfois fort légères, qui, chez un individu sain, marcheraient vers une prompte cicatrisation. Sous l’action de ce stimulus morbide, la suppuration, le bourgeonnement prennent des caractères si alarmants qu’on ne peut, ni les arrêter, ni souvent même en pallier les effets. L’hérédité joue