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SECONDE PARTIE

niers ne valent guère mieux que cendres. Que l’habitude te les fasse distinguer ; et ne va pas, dans la pratique, gâter les bonnes qualités par le mélange des mauvaises. Chaque jour égoute la lessive hors des bocaux, que les bleus puissent se sécher. Quand ils sont bien secs, selon les divisions que tu as faites, mets-les dans un parchemin, dans une vessie ou dans une bourse.

Si la pierre d’outremer n’était pas assez parfaite, et si après l’avoir broyée le bleu ne venait pas bien riche, voici un moyen de lui redonner du ton. Prends un peu de cochenille pilée et un peu de bois de campêche ; cuis-les ensemble. Mais d’abord aie raclé ou gratté avec du verre le bois de teinture, et les cuisant dans la lessive, ajoute un peu d’alun de roche. Quand le tout est en ébullition et d’une couleur de vermillon parfait, avant que tu aies retiré l’azur de son vase (bien séché et purgé de lessive), verse dessus un peu de cette cochenille et de ce bois de campêche, et avec le doigt mélange tout bien ensemble, et laisse reposer tant qu’il soit sec sans être exposé au soleil, au feu ou à l’air. Quand il est sec, mets-le en paquet ou dans une bourse ; laisse-le en paix, il est parfaitement bon.

Tiens-toi pour dit qu’il faut une singulière habileté pour le réussir. C’est plutôt l’affaire des belles jeunes filles que de nous autres hommes ; elles restent continuellement à la maison, sont plus constantes et ont les doigts plus déliés. Méfie-toi des vieilles. Quand il t’arrive de vouloir employer cet azur, prends-en la quantité requise ; si tu veux en faire des vêtements rehaussés de blanc, il faut un peu le broyer sur la pierre accoutumée ; si tu veux seulement en faire des champs, il faut le remanier peu, très-peu, sur la pierre, toujours avec de l’eau claire, bien claire, la