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TRAITÉ DE LA PEINTURE

gros ni trop mince, qui soient longs chacun d’un pied » bien ronds d’un bout à l’autre et bien polis ; alors tu prends ta pâte dans la cuvette de verre ou tu l’as conservée. Tu y ajoutes à peu près une écuelle de lessive tiède ; et avec les deux bâtons, un dans chaque main, tu retournes, presses, mélanges ta pâte de çà et de là, comme on pétrit avec ses mains la pâte pour faire le pain, exactement de la même façon. Quand tu l’as fait, et que tu voies la lessive d’un azur parfait, transvasela dans un bocal de verre : alors reprends une même quantité de lessive, verse-la sur la pâte et remanie avec tes bâtons comme devant. Quand la lessive est redevenue bien bleue, verse-la dans un autre bocal de verre. Remets sur ta pâte une autre lessive, et represse par le même moyen. Si ta lessive est encore bien bleue, verse-la dans un autre vase de verre, et ainsi de suite tant qu’il arrive que la pâte ne teigne plus la lessive. Tu peux alors la jeter, elle n’est plus bonne à rien. Range devant toi sur une table tous ces bocaux par ordre : c’est-à-dire première, seconde, troisième, quatrième opération, selon leur ordre. Remue chacune avec la main pour que l’azur, à cause de son poids. Ne reste pas au fond ; alors tu verras le degrés de bleu des différentes opérations. Pense à part toi combien d’espèces de bleu tu veux faire, trois, quatre, six ou autant que tu le voudras, en notant que les premiers mélanges seront les meilleurs comme la première écuelle vaut mieux que la seconde. Ainsi, si tu as dix-huit bocaux, et que tu veuilles faire trois espèces de bleu, prends six de tes bocaux, mélange-les dans un seul vase, ce sera une sorte de bleu, et ainsi des autres ; mais ne perds pas de vue que les deux premiers bocaux contiennent le meilleur outremer et d’une valeur de huit ducats l’once. Les deux der-