Page:Cennino Cennini - Traité de la peinture, 1858.djvu/89

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
83
TROISIÈME PARTIE

L’homme est en hauteur ce qu’il est en largeur les bras étendus. Le bras avec la main descend au milieu de la cuisse. L’homme a dans toute sa longueur huit visages et deux des trois mesures. L’homme a de moins que la femme une côte du côté gauche. Dans tout l’homme sont des os. Sa nature doit avoir [1].........................

L’homme beau doit être brun, et la femme blanche.

Je ne te parlerai pas des animaux déraisonnables, parce qu’il ne paraît pas qu’ils aient des mesures certaines. Copies-en, dessines-en le plus que tu peux d’après nature, tu verras. Pour tout ceci, il te faut grande pratique.

lxxi.Manière de colorer un vêtement à fresque.

Or, retournons simplement à notre peinture à fresque sur mur. Quelle que soit la couleur que tu choisisses pour peindre un vêtement, il faut d’abord le dessiner avec soin au verdaccio ; que ton dessin ne soit pas trop apparent, modérément. Ensuite, si tu veux un vêtement blanc, rouge, jaune ou vert, aie trois vases : prends-en un, mets dedans la couleur que tu veux. Supposons du rouge ; prends du cinabrese et un peu de blanc de Saint-Jean, que cela te fasse une des couleurs, délaie-la bien avec de l’eau. Pour les deux autres, une sera claire, c’est-à-dire en ajoutant du blanc de Saint-Jean ; l’autre, pour les demi-tons, sera faite en prenant du premier vase et de ce second clair, cela fait trois. Prends maintenant le premier, c’est-à-dire le plus obscur, avec un pinceau de soies un peu gros et un peu pointu, suis les plis de ta figure dans les lieux les plus obscurs, et ne dépasse jamais le milieu de la grosseur

  1. L’honnêteté n’a pas permis de publier ce peu de paroles, qui d’ailleurs n’ont rien à faire avec l’art. (Cav. Tambroni.)