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DISCOURS

DE

M. LOUIS DEDET

Directeur du Collège de Normandie




Il y a plus de 25 ans, au Congrès Olympique du Havre, l’homme dont je m’honore d’avoir été le disciple et qui fut l’un des grands orateurs de notre époque, en même temps qu’un puissant éducateur, le Père Didon, fixait dans une allocution toute simple, mais plaine d’intuitions et d’anticipations géniales, les éléments de la Pédagogie Sportive et démontrait « l’influence morale des Sports Athlétiques ».

Depuis, il semblerait que la cause fût entendue et gagnée. Cependant, nos adversaires n’ont pas désarmé et il faut recommencer contre eux l’accumulation des arguments, dissiper, comme au premier jour, les malentendus et les ignorances.

Pour l’ascétisme exalté et mal entendu, le corps c’est l’ennemi ; tout ce qui est retiré au corps est porté au bénéfice de l’âme. S’abandonner à l’un, c’est diminuer l’autre ; intensifier la vie du corps, c’est alourdir la vie de l’esprit ; amenuiser le corps, c’est libérer l’âme.

Nous Sportifs, nous croyons au contraire qu’une vie physique bien conduite, un organisme solide et équilibré constituent le soubassement nécessaire d’une vie de l’âme harmonieuse et épanouie, où nos facultés richement alimentées et à la fois exactement « ajustées au niveau » d’un corps sain, s’entr’aident et s’exaltent, sans se nuire ni s’altérer. Nous croyons que dans une circulation active, puissante, bien réglée, les plus hautes élaborations humaines — Volonté, Imagination, Raison même, Raison surtout ! — puisent les moyens d’une action plus intense, mais où n’est plus à craindre aucun déséquilibre. Nous prétendons, enfin, en réglant le corps, atteindre l’âme même, cette entéléchie, comme disait Aristote, c’est-à-dire cet achèvement, cette fleur « cette réalisation suprême d’un corps fait pour la vie ».