Page:Châtillon - Promenade à l’île Saint-Ouen-Saint-Denis, 1857.djvu/13

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 Quoi faire en cette triste affaire ?
 Je n’ai pas un sol pour la guerre…
 C’est un bandit sans foi ni toi,
 Qui résiste même à son roi !
 Je vais voir à nous en défaire
 Et le ferai venir vers moi. »

Défendu qu’il était par deux bras de la Seine,
Comme un lion forcé, s’il quittait son domaine
Il donnait un signal ; et tous, bêtes et gens
Passaient de l’autre bord, et des chefs diligents
Gardaient pour eux les bois, les lacs, les prés, la plaine.

Quand les soldats du roi, lassés, étaient partis
Tranquillement alors repassant les pays,
Il revenait encor reprendre cette place,
Ou s’éloignait encor, un jour de guerre lasse,
Pour revenir encor assiéger Saint-Denis.

C’était inquiétant un pareil brigandage…
Ces bandits redoutés montraient un grand courage ;
On les avait en vain attaqués plusieurs fois,
Mais ils étaient toujours les vainqueurs dans leurs bois ;
Burchard étant partout dans les jours de carnage !

Le roi lui dit « Tu n’es qu’un tueur, un larron ;
Mais tu comprends la guerre… et je te fais Baron ![1]

  1. À la première grande bataille, Burchard enleva seize drapeaux à l’ennemi, ce qui motive les seize alérions de sable que l’on voit sur son écusson. Les Burchards portent d’or à la croix de gueule, écartelé et cantonné de seize alérions de sable.