Page:Chézy - Anthologie érotique d’Amarou.djvu/11

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Oh ! si une pareille moisson ou, plus modestement, une pareille gerbe était venue à tomber sous la main d’un de nos glaneurs hellénistes, quelle bonne fortune ! quelle précieuse nouveauté pour le monde littéraire !… Chacun ne s’en fût-il pas à l’envi disputé un épi, comme s’il eût fait partie de la couronne de Cérès ?

Eh bien ! pourquoi donc ce petit ouvrage, toute métaphore à part, recevrait-il un accueil moins aimable pour avoir été composé aux Indes, et dans une langue qui ne le cède aucunement à la langue grecque, en fait de richesse et d’élégance, et qui même, selon toute apparence, lui a fourni ses premiers élémens ?… Il n’y aurait pas de raison à cela : et cependant, que veut dire ce censeur morose, dont je vois d’ici les sombres sourcils se froncer en le lisant ?

Oh ! je le devine : c’est la nature du sujet qui excite son indignation. « Mais, mon cher censeur, j’espère au moins que ce n’est pas contre moi que se dirige votre colère, mais bien contre le vénérable Brahmane Amaroû, qui s’est permis de nous dévoiler aussi imprudemment une partie un peu scandaleuse, je l’avoue, des mœurs indiennes.

« Quant à moi, qui ne joue ici que le rôle de simple traducteur, loin de méjuger en cela coupable le moins du monde, ne devriez-vous pas penser, au contraire,