Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/101

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CJO OEUVRES

« Je n’aime point à me dessaisir ; il faut toujours avoir de quoi vivre. » ( Anecdote contée par Lebel à M. Buscher. )

— Le feu roi était, comme on sait, en corres- pondance secrète avec le comte de Broglie. Il s’a- gissait de nommer un ambassadeur en Suède ; le comte de Broglie proposa M. de Vergennes, alors retiré dans ses terres, à son retour de Constan- tinople : le roi ne voulait pas ; le comte insistait. Il était dans l’usage d’écrire au roi à mi-marge, et le roi mettait la réponse à côté. Sur la dernière lettre le roi écrivit : « Je n’approuve point le choix de M. de Vergennes ; c’est vous qui m’y forcez : soit, qu’il parte ; mais je défends qu’il amène sa vilaine femme avec lui. » ( Anecdote contée par Favier, qui avait vu la réponse du roi dans les mains du comte de Broglie. )

— On s’étonnait de voir le duc de Choiseul se soutenir aussi long-temps contre madame Dubarri. Son secret était simple : au moment où il paraissait le plus chanceler, il se procurait une audience ou un travail avec le roi, et lui deman- dait ses ordres relativement à cinq ou six millions d’économie qu’il avait faite dans le département de la guerre, observant qu’il n’était pas conve- nable de les envoyer au trésor royal. Le roi enten- dait ce que cela voulait dire, et lui répondait •’ « Parlez à Bertin ; donnez-lui trois inillions en tels effets : je vous fais présent du reste. » Le roi partageait ainsi avec le ministre; et n’étant pas sûr