Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/120

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DE CHAIVirORT. IO9

qui tout le monde va pour sa table, et qu’on trouve très-ennuyeux : « Ou le mange, mais on ne le digère pas. »

— M. de F, qui avait vu à sa femme plu- sieurs amans, et qui avait toujours joui de temps en temps de ses droits d’époux, s’avisa un soir de vouloir en profiter. Sa femme s’y refuse. « Eh quoi ! lui dit-elle, ne savez-vous pas que je suis en affaire avec M.... ? — Belle raison, dit-il ! ne m’avez-vous pas laissé mes di’oits quand vous aviez t...., S...., îf...., B... T...? Oh! quelle diffé- rence ! était-ce de l’amour que j’avais pour eux ?

Rien, pures fantaisies ; mais avec M c’est un

sentiment : c’est à la vie et à la mort. — Ah ! je ne savais pas cela; n’en parlons plus. y> Et en effet tout fut dit. M. de R, qui entendait con- ter cette histoire, s’écria : « JNIon Dieu ! que je vous remercie d’avoir amené le mariage à pro- duire de pareilles gentillesses ! »

— « Mes ennemis ne peuvent rien contre moi,

disait M ; car ils ne peuvent m’oter la faculté

de bien penser, ni celle de bien faire.

— Je demandais à M.... s’il se marierait. 11 me répondit : « Pourquoi faire ? pour payer au roi de France la capitation et les trois vingtièmes après ma mort ? »

— M. de.... demandait à l’évéque de... une mai- son de camjîagne où il n’allait jamais. Celui-ci lui répondit : a Ne savez-vous pas qu’il faut toujours avoir un endroit où l’on n’aille point, et où