Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/119

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


io8 OELlVIir.S

« Non, dit-il, il faut laisser à l’envie le temps d’es- suyer son écume. » •

— M.... me dit un jour plaisamment, à propos des femmes et de leurs défauts : « Il faut choisir d’aimer les femmes ou de les connaître : il n’y a pas de milieu. »

— M...., jeune homme, me demandait pourquoi madame de B.... avait refusé son hommage qu’il lui offrait, pour courir après celui de M. de L...., qui semblait se refuser à ses avances. Je lui dis : « Mon cher ami, Gênes, riche et puissante, a of- fert sa souveraineté à plusieurs rois qui l’ont re- fusée; et on a fait la guerre pouf la Corse, qui ne produit que des châtaignes, mais qui était fière et indépendante. »

— Un des parens de M. de Vergennes lui de- mandait pourquoi il avait laissé arriver au minis- tère de Paris le baron de Breteuil, qui était dans le cas de lui succéder. « C’est que, dit-il, c’est un homme qui, ayant toujours vécu dans le pays étranger, n’est pas connu ici ; c’est qu’il a une réputation usurpée ; que quantité de gens le croient digne du ministère: il faut les détromper, le mettre en évidence, et faire voir ce que c’est que le baron de Breteuil. »

— On reprochait à M. L...., homme de lettres, de ne plus rien donner au public. « Que voulez- vous qu’on imprime, dit-il, dans un pays ou fal- manach de Liège est défendu de temps en temps? »

— M disait de M. de La Reynière, chez