Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/156

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en voyant une jolie icjnnie : « Combien je l’aime- rais, si j’étais plus aimable! »

— Dans le temps où parut le livre de Mirabeau sur l’agiotage, dans lequel M. de Calomie est très-maltraité, on disait pourtant, à cause d’un passage contre M. Necker, que le livre était payé par M. de Galonné, et que le mal qu’on y disait de lui n’avait d’autre objet que de masquer la collusion. Sur quoi, M. de.... dit que cela ressem- blerait trop à l’histoire du régent qui avait dit au bal à l’abbé Dubois : « Sois bien familier avec moi, pour qu’on ne me soupçonne pas. » Sur quoi l’abbé lui donna des coups de pied au c., et le dernier étant un peu fort, li régent, passant sa main sur son derrière, lui dit : « L’abbé, tu me déguises trop. »

— Je n’aime point, disait M, ces femmes

impeccables, au-dessous de toute faiblesse. Il me semble que je vois sur leur porte le vers du Dante sur la porte de l’enfer :

« Joi che intrate lasciate ogni speranza.

» Vous qui entrez ici, laissez toute espérance. »

C’est la devise des damnés.

— « J’estime le plus que je peux, disait M..., et cependant j’estime peu : je ne sais comment cela se fait. »

— Un homme dune fortune médiocre se char- 2;ea de secourir un malheureux qui avait été inu- tilement recommandé à la bienfaisance d’un grand

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