Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/180

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montra un intérêt qu’ils exagérèrent, et du moins dont ils n’aperçurent pas les motifs. Ils s’étaient rendus reconmiandables à ses yeux en demandant la convocation des états-généraux, dans lesquels ils croyaient dominer, et dont ils espéraient in- fluencer la composition. L’archevêque de Sens, en- traîné par la force irrésistible du vœu national, avait promis cette convocation, qu’il se flattait d’éluder; de plus il avait reconnu et marqué du sceau de l’autorité royale le droitde la nation à con- sentir l’impôt, aveu qui, dans l’état des lumières publiques, conduisait, par des conséquences pres- que immédiates, à la destruction du despotisme. Cette déclaration de leurs droits, donnée aux Français, comme un mot, fut acceptée par eux comme une chose; et le ministre put s’en aperce- voir au soulèvement général qu’excita son projet de cour plénière. ïl fallut soutenir par la force ar- mée cette absurde invention ; mais la force armée se trouva insuffisante, dans plusieurs provinces, contre le peuple, excité secrètement par les no- bles, les prêtres et les parlementaires. La nation essayait ainsi contre le despotisme d’un seul la force qu’elle allait bientôt déployer contre le des- potisme des ordres privilégiés ; cette lutte ébran- lait partout les fondemens des autorités alors reconnues. DCs impôts qui les alimentent étaient mal perçus ; et iorsqu’après Une banqueroute par- tielle, prémices d’une banqueroute générale, l’ar- chevêque de Sens eut cédé sa place à M. Necker,