Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/188

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DE CIIAMFORT. I77

Le voici ce décret qui décida des hantes desti- nées de la France : « L’Assemblée nationale, con- « sidérant qu’appelée à fixer la constitution du « royaume, opérer la régénération de Tordre « public et maintenir les vrais principes de la « monarchie, rien ne peut empêcher qu’elle lie « continue ses délibérations et ne consomme « l’œuvre importante pour laquelle elle s’est réu- <f nie, dans quelque lieu qu’elle soit forcée de « s’établir ; et qu’enfin partout où ses membres « se réunissent, là est l’assemblée nationale, a « arrêté que tous les men:j3res de cette assemblée « prêteront à l’instant le serment de ne jamais se « séparer, que la constitution du royaume et la « régénération publique ne soient établies et af- « fermies ; et que, le serment étant prêté, tous « les membres et chacun d’eux confirmeront par « leur signature cette résolution inébranlable. »

Le président prêta le premier ce serment à l’assemblée et le signa. L’assemblée le prêta entre les mains de son président, et chacun apposa sa signature à ce grand acte. Qui le croirait, que, dans ce jour de gloire, un homme ait pu vouloir assurer l’éternité de sa honte en refusant de si- gner ? Il fut le seul. Qu’il jouisse du fruit de sa lâcheté ! que le nom de Martin de Castelnaudari obtienne l’immortalité de l’opprobre !

Pendant cette grande scène, la capitale, ins- truite de moment en moment, se livrait aux transports de la joie, de l’admiration et de l’es-