Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/251

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


aAo OEUVRES

DIXIÈME TABLEAU.

La barrière de la Conférence incendiée, le 12 juillet 1789.

OuoiQUE le courage des habitans de Paris et sur- tout la valeur des «ardes-frauraises eussent re- poussé un instant les troupes étrangères, la ville n’en paraissait pas moins menacée des horreurs d’un siège ; elle n’en restait pas moins livrée à des dangers non moins grands de la part des ennemis qu’elle récelait dans son sein. C’était peu de l’ar- mée dont on l’avait investie : on avait rassemblé depuis peu, dans les faubourgs, une foule de bri- gands sous le nom d’ouvriers; on avait pris, pour ce rassemblement, le prétexte honorable de les oc- cuper à des travaux publics et de soulager leur misère. Mais si leur misère était réelle, l’utilité de leurs travaux n’était pas également évidente. Cette multitude d’hommes, la plupart sans domicile, sans aveu, sans profession, menaçaient la capi- tale d’un invasion d’autant plus formidable, qu’il était impossible de leur en interdire l’entrée. Le désœuvrement général par lequel les artisans cé- lèbrent chez nous le dimanche, leur permettait d’errer dans la ville ; ils usèrent de cette Hberté, pour se permettre tous les excès de la licence. Ces coupables auxiliaires des ministres y exerçaient