Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/289

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’jl-]’6 œuvres

miné dès la veille à une garde bourgeoise, le peuple ne se portait en foule aux Inva ides que parce qu’un grand nombre d’hommes avait besoin d’être armé. Leur démarche leiu paraissait simple; ils allaient vers un dépôt qui devaitleur fournir ce qui leur manquait. Ils ne s’étonnèrent point de trouver les portes fermées et les Invalides dis- posés à la résistance : ils dema]idèrent paisible- ment qu’on leur livrât les armes déposées dans riiotel. Le gouverneur, M. Sombreuil, répondit qu’il n’en avait pas. On insiste, et on lai demande de permettre la visite de l ’hôtel. « Le roi, réplique- t-il, m’en a confié la garde, et je ne puis rien sans une permission du roi. » Pariant ainsi, il recon- duisit Bî. de Cornv vers la grille, qu’il fallut bien ouvrir. Aussitôt la foule qui T’assiégeait, se pousse, se’ précipite dans la cour. En un instant, elle est inondée d’un peuple innombrable; on court, on franchit les fossés, on force en quelques endroits les grilles qui se trouvent fermées. M. de Som- breuil, cédant à une violence irrésistible, et craignant qu’elle ne devînt funeste, fit ouvrir les portes, tous les passages, et, par cette complai- sance forcée, sauva l’hôtel du pillage, dernier service qu’il pouvait alors lui rendre.

Ce qui restait des armes ne pouvait échapper à une recherche aussi active. Un souterrain sus- pect contenait le principal dépôt : on s’y précipite. Des cris de joie annoncent l’heureuse découverte ; et, malgré les clameurs, les hurlemens doulou-